La xénotranplantation
Aux Etats-Unis, un rein de porc a été transplanté pour la première fois sur un patient vivant.
L’organe de l’animal a été génétiquement modifié avant la xénogreffe, afin d’amoindrir le risque de rejet par le corps humain.
La pénurie mondiale d’organes est un problème majeur de santé publique. La xénotransplantation, qui consiste à transplanter un organe d’un donneur dont l’espèce biologique est différente de celle du receveur, est une solution prometteuse pour y remédier. Le porc est considéré comme l’espèce donneuse de choix, du fait de nombreuses similarités physiologiques et morphologiques entre les organes humains et porcins. Néanmoins, l’utilisation de ces derniers a historiquement été limitée par les barrières immunologiques inter-espèces, notamment par la présence naturelle dans la circulation sanguine humaine d’anticorps dirigés contre des xénoantigènes1 présents à la surface des cellules porcines, responsables d’un phénomène de rejet hyper aigu qui aboutit inexorablement à la perte du greffon en quelques minutes.
Un homme de 62 ans atteint d’une insuffisance rénale est devenu le premier humain à recevoir une greffe de rein provenant d’un porc génétiquement modifié, ont annoncé jeudi des médecins de l’Hôpital général du Massachusetts à Boston (États-Unis). L’opération, qui a duré quatre heures, a été réalisée le 16 mars et « marque une étape majeure dans la quête d’organes accessibles aux patients », a déclaré l’hôpital dans un communiqué.
Des reins de porcs génétiquement modifiés avaient déjà été transplantés, mais sur des humains en état de mort cérébrale. Des patients vivants avaient également déjà reçu une greffe de cœur d’un porc génétiquement modifié, mais ils sont ensuite décédés.
Les médecins « m’ont minutieusement expliqué les pour et les contre de la procédure », a déclaré le patient, Richard Slayman, qui « se remet bien » de l’intervention. Par le passé, il avait déjà reçu une greffe de rein humain, mais avait dû reprendre la dialyse depuis mai 2023. « J’ai vu cela comme un moyen non seulement de m’aider moi, mais aussi de donner de l’espoir à des milliers de personnes qui ont besoin d’une greffe pour survivre », a-t-il ajouté, cité dans le communiqué qui indique qu’il devrait pouvoir quitter l’hôpital « bientôt ».
Le rein a ici été fourni par l’entreprise eGenesis. Cette opération « représente une nouvelle frontière en médecine et démontre le potentiel de la modification du génome pour changer la vie de millions de patients dans le monde qui souffrent d’insuffisance rénale », a déclaré Mike Curtis, patron d’eGenesis.
Les xénogreffes représentent un défi car le système immunitaire du receveur a tendance à attaquer l’organe étranger. Les modifications génétiques sont réalisées afin d’amoindrir le risque de rejet : certains gènes de porc ont été enlevés, et des gènes humains ajoutés, à l’aide de la technologie CRISPR. Les scientifiques ont également procédé à l' »inactivation de rétrovirus » du porc pour éliminer le risque d’infection après la greffe, explique le communiqué.
Un espoir, oui mais …
Ces recherches ne sont pas sans interpellations de par les risques de maladies transmissibles de l’animal à l’humain. Il convient der supprimer certains gênes du cochon afin de « l’humaniser ». Nous sommes dans le domaine de l’animal génétiquement modifié.
LES ENJEUX ÉTHIQUES ET JURIDIQUES DE LA XÉNOTRANSPLANTATION.Avant tout développement, il est important de comprendre que la pratique de la xénotransplantation et les protocoles de recherche sont encore marginaux dans le milieu scientifique. Les recherches réalisées aux États-Unis sont les seuls véritables protocoles à avoir abouti à un résultat. La présentation qui suit permet en revanche une ouverture sur l’expansion de telles recherches, et de comprendre les enjeux pour développer la recherche en France ou au niveau européen…